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Parcours de santé : un remède efficace pour doper l’efficience de notre système de santé

Michel Sebbane - Associé Conseil, Responsable de la Santé Publique Michel Sebbane - Associé Conseil, Responsable de la Santé Publique | Société | 6 mars 2014

En collaboration avec Xavier Fos

Avec un niveau de dépenses d’assurance maladie estimé à 11,8 % de son PIB, la France se classe à la troisième place des pays les plus dépensiers de l’OCDE. Une situation qui expose le système de soins français à un avenir plus qu’incertain et souligne la nécessité de rendre la prise en charge du patient plus efficiente.

Les parcours de santé, parce qu’ils s’appuient sur une cartographie des étapes du trajet du patient, et parce qu’ils s’attachent à analyser les sources de dysfonctionnements, apportent une réponse coordonnée à la progression des dépenses de santé. Leur objectif final se résume en une phrase : « faire en sorte qu’une population reçoive les bons soins par les bons professionnels dans les bonnes structures au bon moment. Le tout au meilleur coût ».

Un objectif qu’il devient d’autant plus urgent de remplir que le nombre de personnes atteintes d’une maladie chronique n’a jamais été aussi élevé. Selon la Haute Autorité de Santé (HAS), plus de 15 millions de personnes en sont victimes, et plus de 9 millions souffrent d’affections de longue durée (ALD). Or, ce sont précisément ces maladies qui grèvent le plus sensiblement le budget du système de santé. Améliorer la coordination des professionnels pour la prise en charge de ces pathologies est donc devenue une évidence et les autorités nationales et régionales, comme la HAS et les Agences Régionales de Santé (ARS), s’y emploient activement avec l’élaboration de guides ou encore le lancement de projets pilote à l’image des parcours de santé pour les personnes âgées en risque de perte d’autonomie (PAERPA).

Les conditions à réunir pour une transformation réussie du système de santé 

L’organisation des parcours de santé repose sur l’étroite coordination des acteurs du parcours qui nécessite d’être forte. Toutefois, le succès de la mise en œuvre des actions de prévention et de détection dépend du patient, acteur de sa santé. Le code de la santé publique mentionne à cet égard que « seul un patient bien informé » (2002) et « bien éduqué » (2009) est capable de dire ce qui est bon pour sa santé. Il s’agit alors de faire du patient un acteur à part entière de la gestion de son capital santé.

L’expérience des parcours de santé dans les territoires a montré combien il était essentiel d’associer les professionnels de santé et les acteurs de la gouvernance locale dès le démarrage du projet. En effet, le travail autour du diagnostic, qui doit être partagé, l’identification des points de rupture de prise en charge et l’élaboration du plan d’actions visant à mettre en place le parcours « cible », sont autant d’étapes qui doivent solliciter et impliquer les professionnels.

Les grands enjeux de l’organisation des soins

Les diverses expériences en matière de disease management montrent que la structuration d’un parcours et l’investissement dans les actions de prévention sont porteurs de bénéfices en termes de qualité de la prise en charge et de réduction de coûts. L’enjeu de ce type de projets est de procéder à une évaluation objectivée et incontestable de ces postulats méthodologiques qui sous-tendent la médecine de demain. Le lien avec les assureurs privés peut être fait de manière à trouver un équilibre entre acteurs publics et privés sur ces thématiques.

La Stratégie Nationale de Santé (SNS), telle que présentée le 23 septembre 2013, met en exergue cinq priorités de santé publique : les jeunes, les addictions, le cancer, la santé mentale, les personnes âgées. Ces priorités peuvent se structurer en parcours de santé dont la responsabilité de la mise en place revient aux ARS.

Les dispositions prévues dans le cadre de la SNS mentionnent des actions de prévention « dès l’école » et stipulent que le médecin référent doit devenir le « pivot » de cette politique, incité par une part croissante de rémunération « en fonction de ses objectifs de santé publique ».

Afin de pouvoir mesurer efficacement la pertinence et l’efficience des parcours de santé, un meilleur accès aux données du parcours est nécessaire : données PMSI (Programmes de médicalisation des systèmes d’informations) pour les phases de soins aigus, données SNIIRAM pour la médecine de ville, etc. ; le système d’information du parcours reste à construire et devra faire l’objet de l’attention des pouvoirs publics.

Pour en discuter, n’hésitez pas à nous contacter.

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