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Décrochage scolaire : prévenir pour mieux guérir

Michel Sebbane - Associé Conseil, Responsable de la Santé Publique Michel Sebbane - Associé Conseil, Responsable de la Santé Publique | Société | 31 mars 2014

En collaboration avec Claire de Falguerolles.

Chaque année, 20 % des jeunes Français quittent les bancs de l’école sans avoir obtenu de diplôme. Un chiffre inquiétant en ces temps incertains où le diplôme est devenu le meilleur rempart contre le chômage. Pour s’en convaincre, un simple coup d’œil sur les chiffres de l’emploi suffit. 40 % des jeunes non-diplômés pointent au chômage trois ans après leur sortie du système scolaire. Une part qui passe à 9 % chez les jeunes diplômés. Sur la totalité d’une carrière, les coûts économiques et sociaux induits par une situation de décrochage sont par ailleurs estimés entre 1 et 2 millions d’euros par personne. Dans ce contexte, il est aisé de comprendre pourquoi la lutte contre le décrochage scolaire est devenue un enjeu stratégique pour le gouvernement français qui entend ramener son taux de décrochage scolaire au sens de la définition de l’Union Européenne[1] sous les 10 % contre 11,6% à l’heure actuelle.

Mettre la prévention au cœur du dispositif

Depuis 2005, sous l’impulsion du plan de cohésion sociale, de multiples dispositifs ont été déployés pour lutter contre le décrochage scolaire. Leur évaluation et les études menées soulignent la difficulté à détecter les situations de décrochage. A cet égard, l’établissement scolaire joue un rôle déterminant dans la prévention et le repérage. L’efficacité de son action repose en premier lieu sur l’implication du chef d’établissement dans l’animation des dispositifs et la sensibilisation des équipes pédagogiques.

La détection systématique des situations à risque en amont s’avère particulièrement délicate tant les causes à l’origine d’un décrochage peuvent varier (problèmes familiaux, mauvaises orientations, etc.). L’école ne peut agir seule et doit pouvoir compter sur la mobilisation de partenaires comme les missions générales d’insertion, les CIO, les missions locales, les CFA, etc.

Ne pas limiter l’évaluation des politiques publiques à l’efficacité des mesures curatives

La plupart des mesures françaises en matière de lutte contre le décrochage scolaire portent sur le volet  raccrochage  et concernent donc majoritairement les actions de remédiation visant à raccrocher un jeune ayant fait l’objet d’un repérage. L’évaluation de ces actions ne remet pas en doute leur efficacité mais souligne leur coût élevé et pose la question de savoir si l’accentuation des efforts sur le volet prévention ne permettrait pas d’éviter le recours systématique à de telles mesures.

Valoriser les structures innovantes

Parmi les mesures visant à lutter contre le décrochage inscrites dans la circulaire académique de rentrée 2013 figure le développement d’au moins une structure innovante de raccrochage par académie. Etablissements accueillant les élèves dits « perturbateurs » en vue de leur réinsertion au sein du parcours de formation générale, technique ou professionnelle (ERS), généralement couplés avec un internat, dispositifs d’initiation aux métiers d’alternance (DIMA) ou bien encore micro-lycées, les initiatives ne manquent pas et devraient, chacune à leur niveau, influer sur le taux de décrochage.

Mobiliser les acteurs locaux

Les politiques de décentralisation menées successivement depuis 1983 ont eu pour effet de déléguer des compétences en matière d’éducation et de formation professionnelle aux collectivités territoriales. Les collectivités prennent ainsi de plus en plus part aux plates-formes d’appui aux décrocheurs, réunissant l’ensemble des acteurs locaux. La région Île-de-France a par exemple voté en mars 2013 un plan de 2 millions d’euros visant à sécuriser les parcours scolaires via l’établissement de partenariats avec les acteurs locaux.

Si ces initiatives sont légitimes et porteuses d’effets, il convient de mieux réfléchir au pilotage et à la coordination des acteurs dans un souci de recherche de simplification et d’équité d’accès aux dispositifs à l’échelle nationale.

Pérenniser pour mieux aider

Au vu de l’existant, il apparait que les prochains enjeux liés à la mise en place des plates-formes anti-décrochage porteront sur leur pérennisation et leur professionnalisation. Lorsque celles-ci auront rodé leur organisation et leur coordination, la réduction du temps qu’elles consacrent aux phases de diagnostic permettra d’augmenter le temps passé auprès des jeunes décrocheurs. Et c’est sans doute là le plus important.

Le sujet vous intéresse et vous souhaitez explorer d’autres pistes, n’hésitez pas à nous contacter.


[1] L’U.E prend pour indicateur la proportion des jeunes âgés de 18 à 24 n’ayant pas terminé avec succès un enseignement secondaire de second cycle.

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