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Modèles associatifs à travers le monde : qu’ont-ils à nous apprendre ?

Jean-Pierre Vercamer - Associé responsable du Département Audit secteur associatif Jean-Pierre Vercamer - Associé responsable du Département Audit secteur associatif | Management | 10 décembre 2013

Chaque pays est façonné par son histoire, sa culture, ses besoins. Il est donc peu étonnant de constater à quel point les structures et les pratiques associatives peuvent varier d’un pays à un autre. Ces différences, qu’elles concernent le domaine de la gouvernance, le rôle de l’Etat, les sources de financement (privées/publiques), les domaines d’activité couverts ou l’implication des bénévoles et salariés, sont à relier à la grande diversité des modèles associatifs existants. Pour autant, aussi différents  soient-ils, ces modèles ont tous quelque chose à nous apprendre pour accroître l’efficacité de nos structures.

Des ressources financières dépendantes du niveau d’implication de l’Etat

Dans certains pays comme le Brésil ou les Etats-Unis, qui se distinguent par des niveaux de subventionnement de l’Etat bien plus faibles que dans la majeure partie de l’Europe occidentale, la part des fonds privés dans les sources de financement est largement prédominante. Ainsi, au Brésil, on estime que les fonds privés représentent 69 % des ressources du secteur associatif. Un chiffre à mettre au regard de certains pays européens comme la Belgique ou l’Allemagne, où les fonds publics représentent environ deux tiers ou plus des ressources.

Un investissement davantage porté dans les domaines d’activité où l’Etat est peu présent

En fonction du pays, le degré de couverture des domaines d’activité varie sensiblement. A titre d’exemple, aux Etats-Unis, alors que l’administration Obama semble avoir toutes les peines du monde à imposer sa réforme du système de santé, la part de la santé dans le budget global du secteur associatif excède les 45 %, là où elle atteint tout juste 3% en Suède. En effet, dans ce pays les services de santé sont presque intégralement assurés par l’Etat. De la même façon, le secteur non lucratif américain alloue une part très faible de son budget global au culturel (moins de 5 %) car celui-ci est en très grande partie financé par le privé.

Le bénévolat a la cote dans les pays anglo-saxons et scandinaves

En termes d’emploi, le Pays-Bas, le Canada et la Belgique sont les pays dans lesquels les organismes sans but lucratif emploient le plus de personnes. Pour mettre les choses en perspectives, le secteur associatif canadien emploie autant de personnes que tout le secteur industriel du pays. Le bénévolat est une dimension qui dépend là encore éminemment de la culture du pays. Les Norvégiens s’illustrent sur ce point avec une proportion de bénévoles dans la population adulte supérieure à 50 %. Le Royaume-Uni s’octroie la deuxième marche du podium avec près de 3 adultes sur 10 exerçant une activité bénévole, suivi de la Suède et des Etats-Unis. De manière globale, la présence de ces pays anglo-saxons dans le TOP 4 du bénévolat s’explique par leur forte tradition d’initiative privée charitable.

Des bonnes pratiques à importer

Si le spectre des pratiques associatives au niveau mondial est particulièrement large, l’étude des structures associatives à travers le monde révèle quelques « bonnes pratiques » qui méritent toute notre attention pour envisager leur éventuelle transposition au cadre socio-culturel français. Ainsi, de nos homologues anglo-saxons nous pourrions nous inspirer pour accroitre la diversité des moyens de collecte. Dons sur salaire (Payroll Giving Scheme) ou sur les bénéfices de l’entreprise (Profit shedding), loterie, produits dérivés, boutiques charitables, placements éthiques… la Grande-Bretagne ne manque pas de ressources quand il s’agit de lever des fonds. Un fundraising décomplexé qui n’irait pas sans quelques aménagements pour pouvoir fonctionner sur le territoire français.

Pour encourager le bénévolat et valoriser l’emploi associatif, la France pourrait prendre exemple sur le Japon qui a mis en place un système d’agences de promotion du bénévolat avec des objectifs chiffrés de recrutement.

A l’instar de la France, nombreux sont les pays qui exigent le recours aux services d’un auditeur pour la certification des comptes. Néanmoins, ce contrôle légal est dans certains pays, comme la Suisse ou les Etats-Unis, conditionné par la taille de la structure. Ainsi, chez nos voisins helvètes, les comptes des associations de petite taille font l’objet d’une simple revue, s’apparentant davantage à un diagnostic comptable et financier qu’à un véritable audit. De l’autre côté de l’Atlantique, c’est la notion de seuil de revenus qui est privilégiée pour déterminer l’importance du contrôle. Par exemple, au-dessus de 500 K$, une certification est obligatoire tandis qu’en deçà de ce palier, la revue des comptes est moins contraignante, facilitant les démarches pour les structures de taille plus modeste.

D’autres axes de travail possibles pour la France pourraient être l’exonération fiscale des recettes lucratives lorsque celles-ci profitent pleinement à l’accomplissement de l’objet associatif ou la constitution de réserves obligatoires pour financer les fonds de roulement et les contrats salariés.

Loin d’être exhaustives, ces quelques pistes de réflexion, fondées sur ce qui se fait ailleurs, pourraient nous permettre d’améliorer encore le système actuel. Il reste néanmoins à définir dans quelle mesure celles-ci pourraient s’appliquer au milieu associatif français et comment les adapter pour répondre aux contraintes du modèle hexagonal.

Pour approfondir le sujet ou échanger sur d’autres bonnes pratiques à mettre en œuvre, n’hésitez pas à me contacter.

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