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Associations, comment vous assurer le soutien des philanthropes du 21ème siècle ?

Jean-Pierre Vercamer - Associé responsable du Département Audit secteur associatif Jean-Pierre Vercamer - Associé responsable du Département Audit secteur associatif | Management | 12 mars 2013

Les évolutions de ces douze dernières années ont fragilisé le secteur associatif et conduit à des bouleversements. Le moment est donc venu de faire preuve de professionnalisme à tous les niveaux. Cela passe notamment par la mise en place de plans d’actions, de procédures, d’outils, de réflexion sur la gouvernance, de recherche de moyens techniques, humains et financiers nouveaux. Voici trois pistes d’action concrètes.

Diminuer les charges et développer les sources de financement pour pallier aux effets de la crise

Cost cutting et mutualisation des coûts. D’abord, des fusions, des regroupements ou a minima des mutualisations de coûts permettraient d’éviter une concurrence peu efficace entre les 1,1 millions d’associations existantes. Parallèlement, il est conseillé aux associations de maîtriser résultat d’exploitation et budget car des dépenses, comme certaines charges locatives ou salariales, ne sont pas indispensables.

Développement des sources de financement.
Au moment où les besoins de solidarité explosent, les associations subissent une raréfaction de leurs ressources. Elles ne survivront donc pas uniquement en diminuant les charges. Il est important qu’elles développent leurs sources de financement. Travailler sur leur fichier donateur et faire de la prospection évite de conserver un fichier obsolète. Il est manifeste que les associations qui utilisent toutes les techniques de communication, de street marketing ou encore de phoning ont un meilleur taux de dons récoltés. Il en est de même pour celles qui favorisent la technique du prélèvement automatique. La fidélisation est également incontournable, car si l’on ne nourrit pas la relation avec le donateur, elle s’essoufflera au bout de quelques années. Les associations ont donc intérêt à recruter des techniciens pour démarcher entreprises ou personnes physiques. La publicité autour de la récupération des legs et libéralités est aussi une source potentielle de financement.

Sécuriser l’activité afin de gagner en crédibilité auprès des financeurs

Gestion financière. Il ne faut pas polluer l’objet associatif par la mauvaise maîtrise de la gestion financière ou par un simple problème de présentation des états financiers. Il est donc essentiel de travailler sur la sécurité et sur la qualité des comptes ou du budget. Il convient également d’être vigilant sur la transparence financière des rapports de gestion, des bulletins trimestriels ou annuels et des publications en ligne. Avoir de bons outils, comme la détention d’états de trésorerie, de budgets, de tableaux de bord, pour répondre à ces besoins élémentaires permettent de faire face à des difficultés qui ne manquent pas dans le secteur.

Contrôle interne et contrôle de gestion. Les principes d’autocontrôle par les salariés de l’association permettent d’accroître la confiance des financeurs extérieurs. C’est important en période de crise pour lutter contre d’éventuelles actions frauduleuses, des erreurs significatives, ou une tendance à l’opacité en matière de communication financière.

Sécurité opérationnelle. Les associations peuvent également faire face au risque d’insatisfaction des bénéficiaires quant aux prestations rendues et à la perte de confiance des financeurs. Ce sont la formation, l’encadrement, la rédaction de procédures et le respect de normes qui permettent de sécuriser l’activité.

Communication. Mesurer la performance et communiquer sur la réalisation des projets n’est pas actuellement une priorité des associations. Cela relève pourtant de leur crédibilité, car les financeurs tiennent de plus en plus à avoir des retours sur les actions qui ont été menées.

Renforcer la gouvernance pour rester cohérent avec le projet associatif

Défense du projet associatif. Travailler sur la gouvernance implique d’abord de maintenir une cohésion autour de la raison d’être de l’association. Ecouter, partager et savoir se séparer pour être honnête intellectuellement avec son projet est essentiel. Si deux courants d’idées apparaissent, la scission, loin d’être un échec, reste une solution.

Lutte contre le patriarcat. Mettre en place de véritables instances de partage (conseils d’administration, comités d’audit, assemblées générales) où les membres peuvent échanger et débattre, c’est se conformer à l’idée de démocratie du monde associatif. Le renouvellement régulier des structures gouvernantes permet notamment d’apporter un souffle nouveau au projet et de demeurer à l’écoute des besoins du terrain.

Avec la nouvelle exigence de professionnalisation du secteur à tous ces niveaux et le nombre croissant de création d’associations ces dernières années, ce sont celles qui mettront en place des plans d’actions efficaces qui résisteront à la concurrence.

Pour en savoir plus, n’hésitez pas à me contacter.

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Un commentaire sur “Associations, comment vous assurer le soutien des philanthropes du 21ème siècle ?

  1. Bonjour,
    Toujours intéressé par ce qui touche la gouvernance de la vie associative et son management.
    Salutation cordiale.

    Michael TANGUY
    Directeur

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